AI Act : ce qui s’applique vraiment à une PME
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Les quatre obligations à traiter en priorité, les six points à vérifier dans le contrat de votre éditeur, une ligne de registre écrite en entier, et les chiffres réels des sanctions de la CNIL.

En bref. Quatre choses à faire : inscrire vos usages d’IA au registre des traitements, signer l’accord de sous-traitance avec chaque éditeur, informer vos salariés et les personnes concernées, et vérifier votre base légale. Deux jours de travail, et c’est ce qui manque dans la plupart des PME que nous auditons.
Le règlement européen sur l’IA occupe toute la conversation. Dans une PME, c’est le RGPD qui s’applique le plus souvent, qui mord le plus vite, et dont les manquements se constatent en une minute. Il est en vigueur depuis 2018, il ne comporte aucune période transitoire, et il ne dépend pas de savoir si votre usage relève du haut risque.
La CNIL publie d’excellentes ressources sur ce sujet, et cet article ne cherche pas à les remplacer. Il cherche à les traduire en gestes : quoi écrire, quoi signer, quoi vérifier chez votre fournisseur.
Dès qu’une donnée personnelle entre dans un outil d’IA, vous effectuez un traitement de données au sens du règlement, et toutes vos obligations habituelles s’appliquent. Une donnée personnelle, c’est plus large qu’on ne croit.
| Ce que vous mettez dans l’outil | Donnée personnelle ? | Conséquence |
|---|---|---|
| Un courriel client, même professionnel | Oui | Nom, adresse, signature : c’est un traitement |
| Un CV | Oui, et souvent des données sensibles | Photo, âge, parfois santé ou origine. Prudence maximale |
| Un enregistrement de réunion | Oui | La voix identifie une personne. Information obligatoire des participants |
| Un plan technique, une gamme | Non, en principe | Secret industriel, mais pas RGPD |
| Un tableau de suivi de production | Cela dépend | S’il comporte les noms des opérateurs, oui, et vous entrez dans le suivi de l’activité des salariés |
| Un contrat | Oui | Signataires, coordonnées. Et souvent des clauses de confidentialité qui interdisent la transmission à un tiers |
La ligne la plus piégeuse est l’avant-dernière. Un outil qui analyse le travail de personnes identifiables entre dans le suivi de l’activité des salariés, un domaine où la CNIL est particulièrement active : la surveillance des salariés figure parmi les principaux thèmes de ses sanctions en 2025, aux côtés des cookies et de la sécurité des données.
Ces quatre points représentent environ deux jours de travail pour une PME qui utilise cinq ou six outils. Ce n’est pas un projet. C’est une journée de mise à plat et une journée d’écriture.
Personne ne publie cette grille, et c’est pourtant le contenu le plus opérationnel possible sur ce sujet. Six points à vérifier, dans le contrat et non dans une page commerciale.
| Ce qu’il faut vérifier | Ce que vous cherchez | Le piège |
|---|---|---|
| L’entraînement sur vos données | Une clause qui exclut vos contenus de l’entraînement des modèles | C’est vrai sur les offres professionnelles des grands éditeurs, pas sur les offres grand public. Un abonnement individuel payant reste une offre grand public |
| La localisation des traitements | Où sont traitées et stockées les données, et selon quel mécanisme de transfert | Une mention « serveurs en Europe » sur une page marketing ne vaut pas un engagement contractuel |
| Les sous-traitants ultérieurs | La liste des prestataires de l’éditeur, et votre droit d’être informé des changements | C’est souvent là que se trouve le transfert que vous ne cherchiez pas |
| La durée de conservation | Combien de temps l’éditeur garde vos contenus, et pour quel motif | Une rétention courte « à des fins de lutte contre les abus » est normale. Une rétention indéfinie ne l’est pas |
| La notification de violation | Le délai dans lequel l’éditeur vous prévient en cas d’incident | Sans engagement de délai, vous ne pourrez pas tenir le vôtre vis-à-vis de la CNIL |
| La réversibilité | Ce qui se passe à la fin : export, suppression, preuve de suppression | À demander avant de signer. Après, ce n’est plus une négociation |
Deux remarques honnêtes. D’abord, ces engagements varient d’un éditeur à l’autre et changent régulièrement : nous ne publions pas de comparatif nominatif figé, parce qu’il serait faux dans six mois et que vous le liriez comme une garantie. La grille ci-dessus, elle, ne périme pas.
Ensuite, un éditeur européen ne vous dispense d’aucune de ces vérifications. Il simplifie la question des transferts hors Union européenne, ce qui est réel et appréciable, et rien d’autre. Le registre, la base légale et l’information des personnes restent exactement les mêmes.
Quatre concurrents expliquent qu’il faut tenir un registre. Aucun ne montre le tableau. En voici une ligne complète, pour l’usage le plus fréquent en PME.
Une ligne de ce type prend vingt minutes à écrire la première fois et cinq minutes les suivantes. Dans une PME, le registre des usages d’IA tient sur cinq à quinze lignes.
Un article de conformité sans chiffres réels reste une opinion. Voici les chiffres publics de l’autorité française.
Ce que ces chiffres disent d’utile pour une PME : la grande majorité des sanctions passe par la procédure simplifiée, avec des montants sans commune mesure avec les affaires qui font les titres. Le risque réel n’est pas une amende à sept chiffres : c’est une mise en demeure, un contrôle qui mobilise votre direction pendant des semaines, et un client qui vous demande vos preuves de conformité au moment de renouveler un marché.
Neuf points, deux jours. C’est moins que ce qu’on croit, et c’est plus que ce que fait la plupart des entreprises que nous auditons.
Oui, dès qu’une donnée personnelle entre dans un outil d’IA. Vous effectuez alors un traitement au sens du règlement, avec toutes les obligations habituelles : registre, base légale, information des personnes, accord de sous-traitance. Le RGPD n’a pas de période transitoire, contrairement au règlement européen sur l’IA.
Oui, une ligne par usage : finalité, catégories de données et de personnes, destinataires, transferts hors Union européenne, durée de conservation, base légale, mesures de sécurité. Dans une PME, le registre des usages d’IA tient sur cinq à quinze lignes et prend deux jours à établir.
Oui. L’éditeur qui traite vos données pour vous est sous-traitant au sens de l’article 28, et un accord de traitement doit être signé. La plupart des éditeurs proposent le leur en ligne : il suffit de l’accepter et d’en conserver la trace datée. C’est l’obligation la plus simple et la plus souvent oubliée.
L’intérêt légitime couvre la plupart des usages internes d’assistance à la rédaction ou à la recherche documentaire, à condition d’avoir documenté la balance des intérêts. Il ne couvre pas les données sensibles, les décisions automatisées sur des personnes ni l’analyse du comportement, qui demandent une autre base et parfois une analyse d’impact.
Oui dès qu’un outil touche leur travail, et il faut consulter les représentants du personnel quand c’est requis. C’est une obligation, et c’est aussi ce qui évite qu’un projet utile devienne un conflit. La surveillance des salariés figure parmi les principaux thèmes de sanction de la CNIL en 2025.
Non. Il simplifie la question des transferts hors Union européenne, ce qui est réel et appréciable. Le registre, la base légale, l’information des personnes et l’accord de sous-traitance restent exactement les mêmes.
En 2025, la CNIL a prononcé 83 sanctions pour un total de 486,8 millions d’euros, dont soixante-sept en procédure simplifiée, avec des montants sans commune mesure avec les affaires qui font les titres. Pour une PME, le risque réel est une mise en demeure, un contrôle chronophage, et un client qui demande vos preuves de conformité au renouvellement d’un marché.
Qui écrit ceci
Écrit par Victor et Alexandre, qui conduisent les audits eux-mêmes. Onze projets d’intelligence artificielle livrés depuis 2024, plus de soixante-dix entreprises accompagnées depuis 2018. Ils dirigent chacun une entreprise : c’est le point de vue de quelqu’un qui a signé des devis avant d’en écrire. Qui nous sommes
Passer à la pratique ?
Produits pendant l’audit, à partir des usages réels et non des usages déclarés.
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