Quel LLM pour votre entreprise
Le cas Mistral traité en détail, et notre méthode de test publiée.
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Quatre niveaux de souveraineté avec ce que chacun règle réellement, le coût chiffré de l’auto-hébergement ligne par ligne, et les cinq cas où la souveraineté ne se justifie pas.

En bref. « IA souveraine » recouvre quatre choses très différentes, du simple éditeur européen jusqu’au modèle hébergé sur votre propre serveur. Le premier niveau règle la question des transferts hors Union européenne pour le prix d’un abonnement. Le dernier coûte un serveur et une compétence, et ne se justifie que par une contrainte précise.
Le mot est devenu un argument de vente, et comme tous les arguments de vente, il désigne des choses différentes selon qui le prononce. Un éditeur français dira que sa solution est souveraine. Un hébergeur français dira que la souveraineté c’est l’hébergement. Un intégrateur dira que seul l’auto-hébergement compte.
Nous vendons du développement, donc nous avons intérêt à ce que vous choisissiez le niveau le plus haut. Lisez cet article en le sachant, et notez que nous concluons l’inverse.
| Niveau | Ce que c’est | Ce que ça règle | Ce que ça ne règle pas | Coût |
|---|---|---|---|---|
| 1. Éditeur non européen, offre professionnelle | ChatGPT Business, Claude Team, Copilot | L’exclusion de vos données de l’entraînement, l’administration des comptes | Le transfert hors Union européenne, qui reste à encadrer | 18 à 25 € ou $ par personne et par mois |
| 2. Éditeur européen | Mistral, et les acteurs européens équivalents | La résidence des données en Europe, un contrat de droit européen, un éditeur soumis au même régime que vous | Rien de vos obligations : registre, base légale, information des personnes | Environ 25 € par utilisateur |
| 3. Modèle ouvert chez un hébergeur français | Un modèle ouvert déployé sur une infrastructure dédiée en France | La maîtrise du lieu, du contrat et de la configuration, sans porter la machine | Il faut quand même quelqu’un pour exploiter et mettre à jour | Location d’infrastructure, quelques centaines d’euros par mois selon la taille |
| 4. Modèle ouvert sur votre propre infrastructure | Le modèle tourne sur vos serveurs | Rien ne sort de chez vous. La question disparaît | La performance reste en dessous des meilleurs modèles commerciaux | Un serveur, une compétence, et de la maintenance. Chiffré plus bas |
Trois remarques que ce tableau ne dit pas assez fort.
Le passage du niveau 1 au niveau 2 coûte presque rien et règle la question qui préoccupe la plupart des dirigeants. C’est le meilleur rapport entre ce que ça résout et ce que ça coûte, et c’est celui que nous recommandons le plus souvent.
Le passage du niveau 2 au niveau 4 coûte beaucoup et ne règle qu’un cas précis : celui où la donnée ne peut réglementairement ou contractuellement pas sortir de chez vous.
Aucun des quatre ne vous dispense de vos obligations. C’est le malentendu le plus fréquent : choisir un éditeur français ne remplace ni le registre des traitements, ni la base légale, ni l’information des personnes. Voir l’IA et le RGPD.
Les quatre pages qui se classent sur ce sujet parlent d’options souveraines. Aucune ne dit ce que coûte de faire tourner un modèle chez soi. Voici les cinq lignes.
| Poste | Ce que ça représente | Ce qu’on n’en dit pas |
|---|---|---|
| La licence du modèle | Zéro. Les modèles ouverts sont gratuits | C’est la seule ligne gratuite, et c’est celle que tout le monde retient |
| Le matériel | Une machine avec une carte graphique adaptée, ou une location mensuelle | C’est un coût fixe : vous payez même les mois où personne n’utilise l’outil. Un appel à un modèle du marché, non |
| L’installation | Quelques jours pour un premier déploiement propre : modèle, service, sécurité, accès | La démonstration se fait en une heure, la mise en production non |
| La compétence | Quelqu’un qui sait diagnostiquer quand ça ralentit ou quand ça tombe | Le vrai coût, et il est humain. Si cette personne n’existe pas chez vous, l’auto-hébergement est une dette |
| La mise à jour | Tous les quelques mois, à votre charge | Un modèle auto-hébergé jamais mis à jour vieillit vite, et l’écart avec le marché se creuse |
Un traitement automatisé courant en PME, disons 400 documents par mois, coûte entre deux et douze dollars par mois en appelant un modèle du marché par interface de programmation. Le même traitement auto-hébergé coûte le serveur, l’installation, la compétence et la maintenance, quel que soit le volume.
L’auto-hébergement ne se justifie donc jamais par le coût. Il se justifie par une contrainte : une donnée qui ne peut pas sortir. Si quelqu’un vous le vend comme une économie, il ne fait pas le calcul complet.
Cette section nous coûte des projets. Elle est nécessaire parce que personne d’autre ne l’écrira.
« On préfère du français » est une préférence légitime, et au niveau 2 elle ne coûte presque rien. Utilisée pour justifier un auto-hébergement, elle vous fait porter un serveur et une compétence pour un bénéfice que vous ne saurez pas expliquer à votre comité de direction.
Un modèle auto-hébergé sans administrateur devient un point de panne unique, mal documenté, dont plus personne ne sait rien quand la personne qui l’a installé change de poste. Nous l’avons vu, et ça se termine toujours par un débranchement.
Une entreprise qui héberge un modèle chez elle mais dont les salariés collent des contrats dans un compte gratuit n’a pas réglé son problème : elle a déplacé le budget. Le shadow IA coûte plus cher et se traite pour bien moins.
Choisir un éditeur français ne remplace ni le registre des traitements, ni la base légale, ni l’information des salariés. Beaucoup d’entreprises se croient en règle parce qu’elles ont choisi un fournisseur européen, et ne le sont pas du tout.
Sur les tâches de rédaction et de résumé, l’écart entre un bon modèle ouvert et les meilleurs modèles commerciaux est devenu acceptable. Sur du raisonnement en plusieurs étapes ou des documents très longs, il reste net, et il se paie en temps de vos équipes.
Rien de direct, et il vaut mieux le dire clairement : le règlement européen sur l’IA n’impose à aucun moment un fournisseur européen ni un hébergement européen. Il classe les usages par niveau de risque, quel que soit l’éditeur.
Ce qui relie les deux sujets, c’est autre chose :
Le terme recouvre quatre situations très différentes : un éditeur non européen sur offre professionnelle, un éditeur européen, un modèle ouvert chez un hébergeur français, ou un modèle ouvert sur votre propre infrastructure. Ce qu’elles règlent et ce qu’elles coûtent n’ont rien à voir, et le mot seul ne veut donc pas dire grand-chose.
Si la résidence des données en Europe est une contrainte contractuelle ou réglementaire chez vous, oui, et cela coûte à peu près le même prix qu’une offre non européenne. Si c’est une préférence, elle reste légitime et peu coûteuse à ce niveau. Ce qui n’est pas justifié, c’est d’en faire l’argument d’un auto-hébergement.
La licence est gratuite, et c’est la seule ligne qui l’est. Il faut compter le matériel ou sa location, quelques jours d’installation, la mise à jour tous les quelques mois, et surtout quelqu’un capable de diagnostiquer quand ça tombe. À comparer aux deux à douze dollars par mois que coûte le même traitement en appelant un modèle du marché.
Non, jamais, aux volumes d’une PME. Il se justifie par une contrainte, pas par le coût : une donnée qui ne peut pas sortir, une exigence contractuelle, un régime réglementaire particulier. Si quelqu’un vous le vend comme une économie, il ne fait pas le calcul complet.
Non. Il simplifie la question des transferts hors Union européenne, et rien d’autre. Le registre des traitements, la base légale, l’information des personnes et l’accord de sous-traitance restent identiques. Beaucoup d’entreprises se croient en règle pour avoir choisi un fournisseur français et ne le sont pas du tout.
Non, à aucun moment. Le règlement classe les usages par niveau de risque, quel que soit l’éditeur ou le lieu d’hébergement. Attention en revanche à une conséquence peu anticipée : si vous auto-hébergez un modèle ouvert et l’intégrez à un produit que vous commercialisez, vous devenez fournisseur au sens du règlement.
Qui écrit ceci
Écrit par Victor et Alexandre, qui conduisent les audits eux-mêmes. Onze projets d’intelligence artificielle livrés depuis 2024, plus de soixante-dix entreprises accompagnées depuis 2018. Ils dirigent chacun une entreprise : c’est le point de vue de quelqu’un qui a signé des devis avant d’en écrire. Qui nous sommes
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