Shadow IA : ce que vos équipes utilisent sans vous le dire
Comment le repérer sans surveiller, et pourquoi interdire ne marche pas.
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Ce qui part réellement selon votre formule, deux incidents documentés plutôt que des craintes générales, les neuf réglages à faire, les alternatives, et la réponse qui relève d’un dirigeant plutôt que d’un utilisateur.

En bref. Tout dépend de votre formule. Sur un compte gratuit ou individuel, vos échanges peuvent servir à améliorer les modèles sauf réglage contraire. Sur une offre professionnelle ou par interface de programmation, non, par défaut. C’est la seule distinction qui change la réponse, et presque personne ne l’écrit.
La question est posée dans à peu près tous les comités de direction depuis deux ans, et elle reçoit deux mauvaises réponses. La première : « c’est dangereux, on interdit », qui produit du shadow IA et rien d’autre. La seconde : « c’est réglé, on a pris des licences », qui ignore que le risque principal n’est pas technique.
Cet article distingue les formules, cite deux incidents réellement documentés plutôt que des craintes générales, donne les réglages à faire, et finit par la réponse qui relève d’un dirigeant plutôt que d’un utilisateur.
| Votre formule | Vos échanges servent-ils à entraîner ? | Conservation | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|---|
| Compte gratuit | Oui par défaut, sauf réglage contraire dans les paramètres | Historique conservé | C’est la formule sur laquelle sont vos salariés s’ils n’ont pas de compte professionnel |
| Abonnement individuel | Oui par défaut, même chose | Historique conservé | Payer ne change pas le régime des données. C’est la confusion la plus fréquente |
| Offre professionnelle ou d’équipe | Non, les échanges sont exclus de l’entraînement | Paramétrable par l’administrateur | C’est ce qui justifie le passage aux comptes professionnels, plus que les fonctions |
| Offre entreprise | Non | Paramétrable, authentification unique, engagements contractuels | Rarement justifiée en dessous de cent cinquante utilisateurs |
| Interface de programmation | Non chez les principaux éditeurs | Rétention courte à des fins d’abus, paramétrable selon les éditeurs | C’est le régime d’un outil développé qui appelle le modèle, pas d’un salarié devant une interface |
| Modèle ouvert auto-hébergé | Rien ne sort | Ce que vous décidez | La seule configuration où la question ne se pose plus. Plus cher à faire tourner. L’IA souveraine |
Retenez la ligne 2. Un abonnement individuel payant ne change pas le régime des données : c’est un abonnement grand public. La bascule se fait au passage sur une offre professionnelle, pas au moment où l’on sort la carte bancaire.
Tarifs relevés le 26 août 2026 sur les pages officielles des éditeurs. Ils changent souvent : vérifiez avant de signer, et méfiez-vous d’un comparatif qui ne date pas ses chiffres.
Un article sur la confidentialité qui ne cite aucun fait vérifiable reste une opinion. En voici deux, sourcés, plutôt qu’une liste de craintes générales.
Un défaut dans une bibliothèque tierce utilisée par le service a rendu visibles, pendant quelques heures, les titres de conversation d’autres utilisateurs, et pour une petite partie des abonnés certaines informations de facturation. Le service a été coupé le temps du correctif et l’éditeur a publié une explication technique. Ce qui compte pour vous, ce n’est pas l’ampleur, elle a été limitée : c’est que la fuite n’est pas venue du modèle. Elle est venue d’un composant logiciel ordinaire, comme dans n’importe quel service en ligne.
L’autorité italienne de protection des données a clos l’enquête ouverte en mars 2023 par une sanction de 15 millions d’euros contre OpenAI, pour trois motifs : traitement de données personnelles à des fins d’entraînement sans base légale adéquate, absence de notification de la violation de mars 2023, et absence de dispositif de vérification de l’âge. L’autorité a également ordonné une campagne d’information de six mois. La même autorité avait suspendu le service en Italie pendant environ un mois au printemps 2023.
Ce que ces deux faits vous disent, en pratique. Que le sujet est traité par les régulateurs européens, ce qui est plutôt rassurant. Et que le risque documenté porte sur le régime d’entraînement et sur la sécurité applicative ordinaire, pas sur l’idée qu’un modèle « retiendrait » votre contrat pour le recracher à un concurrent. Cette crainte-là, très répandue en comité de direction, n’est étayée par aucun incident documenté à ce jour.
Il n’est pas là où on le cherche. Voici les quatre risques réels, classés par probabilité décroissante d’après ce que nous voyons en audit.
Neuf points, dans l’ordre. Les quatre premiers prennent une heure et couvrent l’essentiel.
Aucun de ces neuf points ne demande de compétence technique particulière. Sept sur neuf relèvent de la direction, pas de l’informatique.
Oui, et la question mérite mieux qu’un réflexe. Trois options, avec ce qu’elles coûtent réellement en confort.
| Option | Ce que ça change | Ce que ça coûte |
|---|---|---|
| Une offre professionnelle chez le même éditeur | Les échanges sortent de l’entraînement, l’administration devient possible | 18 à 25 € ou $ par personne et par mois. C’est la réponse suffisante dans la grande majorité des cas |
| Un éditeur européen | Résidence des données en Europe, contrat de droit européen, éditeur soumis au même régime que vous | Environ 25 € par utilisateur pour une offre d’équipe. Écart de performance réel mais devenu modeste sur les usages bureautiques |
| Un modèle ouvert sur votre infrastructure | Rien ne sort de chez vous. La question de la confidentialité disparaît | Un serveur, de la compétence, et un modèle un peu moins bon en rédaction. Se justifie quand une donnée ne peut pas sortir, pas par principe |
Notre position, et elle nous coûte du chiffre d’affaires : dans la grande majorité des PME, la bonne réponse est la première ligne. Passer aux comptes professionnels, signer le contrat de sous-traitance et écrire la charte règle 90 % du sujet pour le prix de quelques abonnements. L’auto-hébergement est une réponse à un problème précis, pas une posture. Le comparatif complet est dans notre article sur le choix du modèle.
Toutes les pages sur ce sujet finissent par une liste de réglages à faire soi-même. C’est la réponse d’un utilisateur. La réponse d’un dirigeant est différente et tient en trois décisions.
Ces trois décisions coûtent moins cher qu’un audit de sécurité et règlent davantage. Elles ne sont pas techniques, et c’est précisément pour ça qu’elles sont repoussées : elles n’ont pas de propriétaire naturel dans l’organigramme.
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Mes échanges entraînent-ils le modèle ? | Sur un compte gratuit ou individuel, oui par défaut. Sur une offre professionnelle ou par interface de programmation, non |
| Payer un abonnement suffit-il ? | Non. Un abonnement individuel reste une offre grand public. Ce qui change le régime, c’est l’offre professionnelle |
| Y a-t-il eu des incidents ? | Oui, deux documentés : une fuite applicative en mars 2023 et une sanction de 15 M€ en Italie en décembre 2024 |
| Quel est le risque principal ? | Le compte personnel d’un salarié, hors de votre périmètre. Aucun réglage ne l’attrape |
| Que faut-il faire en priorité ? | Ouvrir des comptes professionnels, signer l’accord de traitement, écrire la charte. Une journée de travail |
| Faut-il auto-héberger ? | Seulement si une donnée précise ne peut pas sortir. Pas par principe : c’est cher et un peu moins bon |
| Faut-il interdire ? | Surtout pas sans alternative. Interdire déplace l’usage sur les téléphones personnels |
Pas en soi. Le régime dépend de votre formule : sur un compte gratuit ou un abonnement individuel, vos échanges peuvent servir à améliorer les modèles sauf réglage contraire ; sur une offre professionnelle ou par interface de programmation, non. Le danger réel n’est pas le modèle, c’est le compte personnel qu’un salarié utilise faute d’alternative.
Sur un compte gratuit ou un abonnement individuel, oui par défaut, et cela se désactive dans les paramètres. Sur une offre professionnelle, d’équipe ou d’entreprise, non : les échanges en sont exclus. C’est la seule distinction qui change vraiment la réponse.
Non, pas s’il s’agit d’un abonnement individuel : c’est une offre grand public dont le régime de données est le même que le gratuit. La bascule se fait au passage sur une offre professionnelle, pas au moment de payer.
Deux faits sont établis. En mars 2023, un défaut dans une bibliothèque tierce a rendu visibles pendant quelques heures des titres de conversation d’autres utilisateurs et, pour une petite partie des abonnés, certaines informations de facturation. En décembre 2024, l’autorité italienne de protection des données a sanctionné OpenAI de 15 millions d’euros, notamment pour absence de base légale à l’entraînement et défaut de notification de cette violation.
La question est mal posée : la conformité est la vôtre, pas celle de l’outil. Vous êtes responsable de traitement, l’éditeur est sous-traitant. Il vous faut un accord de traitement des données signé, le traitement inscrit à votre registre, une information de vos salariés et une base légale. C’est ce qui manque le plus souvent, bien avant les réglages techniques.
Interdire sans fournir d’alternative déplace l’usage sur les téléphones personnels, où vous ne voyez plus rien. L’ordre qui fonctionne est l’inverse : ouvrir des comptes professionnels, écrire une charte de deux pages, la faire signer, et nommer quelqu’un pour répondre aux questions.
Cela dépend de la donnée concernée, pas d’un principe. Une offre professionnelle chez un grand éditeur règle la grande majorité des situations. Un éditeur européen ajoute la résidence des données et un contrat de droit européen. L’auto-hébergement est la seule configuration où rien ne sort, et il se justifie par un besoin précis.
Qui écrit ceci
Écrit par Victor et Alexandre, qui conduisent les audits eux-mêmes. Onze projets d’intelligence artificielle livrés depuis 2024, plus de soixante-dix entreprises accompagnées depuis 2018. Ils dirigent chacun une entreprise : c’est le point de vue de quelqu’un qui a signé des devis avant d’en écrire. Qui nous sommes
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La charte, les comptes professionnels et les réglages, dans l’ordre qui évite de payer pour rien.
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